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Curriculum Vitae d'Anita ToutikianNée à Beyrouth en 1961 Nationalité 1 Libanaise Nationalité 2 Greque Ethnicité Arménienne Adresse Youness Jbeily Street – Imp. 122, Mobayed - Al Salam Building, 7th floor Achrafieh - Jeitawi Beyrouth 2078 1209 Liban Téléphone Céllulaire 961-3-711131 E-mail toutikian@hotmail.com Page Personelle http://www.artonaute.com Education 2001-2004 Université Haigazian – Master en Psychologie Clinique 1992-1995 Académie des Beaux-Arts Toross Rosslin – Dessin, Peinture et Sculpture 1992-1993 Studio de Beaux Arts de l'Artiste Paul Guiragossian – 1990-1991 Université Haigazian – Appréciation de l'Art et Histoire de l'Art 1988-1991 Université Haigazian – Maîtrise de Gestion 1987-1989 Académie Michel-Ange de Beaux Arts – Art & Design Prix 1998 Premier Prix pour Jeunes Artistes, Musée Sursock • Beyrouth, Lebanon 1997 Mention Honoraire du Jury, Musée Sursock • Beyrouth, Lebanon Langues Arménien – Arabe – Anglais – Français – Turc – Grec Occupations Artiste – Ecrivaine – Psychologue – Professeur d'Art et de Psychologie Expositions Collectives Internationales 2004 Lebanon, The Artist’s View II – Gallery 27, Cork street • Londres, Grande Bretagne 2002 ARTSUD – Representing Espace SD – Le Palais Des Congrès De Paris • Paris, France 2001 Artistes Libanais en Jordanie – Darat Al Founoun • Amman, Jordanie 2000 Festival d'Art Alternatif: Frénésie Métropolitaine – Centre Arménien d'Art Contemporain Expérimental • Yerevan, Arménie. 1999 La Grande Atrophie – Centre Arménien d'Art Contemporain Expérimental • Yerevan, Arménie. 1998 TEXT – Musée Doumanian • Yerevan, Arménie. Expositions Individuelles 2003 Citoyen du Monde – Installation Publique Interactive – Municipalité de Jounieh • Jounieh, Liban 2003 Camera Obscura – Installation Publique Interactive – Municipalité de Jounieh • Jounieh, Liban 2002 Dévernissage – Projection Vidéo & Prix pour les Meilleurs Visitors – Espace SD • Beyrouth, Liban 2002 Le Non-Visiteur – Happening de Rue – Place de L’Etoile • Beyrouth, Liban 2002 Maison de vertu – Peinture et Installations – E space SD • Beyrouth, Liban 2002 Le Meilleur Visiteur – Laboratoire Espace SD • Beyrouth, Liban 2002 Woodhenge – Corniche of El Mina • Tripoli, Liban Expositions en Groupes Sélectionnés au Liban 2004 EXPOFF – Le Festival Byblos OFF – Place de L’UNESCO • Byblos, Liban 2004 En Vie Pour La Liberté – Salle de Verre du Ministère du Tourisme • Beyrouth, Liban 2003 Quand Les Artistes s’Amusent – Gallerie Epreuve D’Artistes • Beyrouth Liban 2003 Artistes LAYAC – Palais de l'UNESCO • Beyrouth Liban 2003 Salon Des Artistes Independents – Biel • Beyrouth, Liban 2003 By The Catalogue – Artsud & Ardeco – Biel • Beyrouth, Liban 2003 Femmes par Femmes – Institut pour l'Etude des Femmes dans le Monde Arabe • Beyrouth, Liban 2003 From Scratch to Crafts – Photographie – Musée Sursock • Beyrouth, Liban 2002 Le Blessé – Association des Artistes Libanais • Beyrouth, Liban 2002 Femmes Arméno-Libanaises – Salle Vasbouragan • Beyrouth, Liban 2002 Insolites Mondes d’Artistes – Expo Beyrouth • Beyrouth, Liban 2002 A Travers le Liban – Palais de l'UNESCO • Beyrouth, Liban 2001 Faits d'Art – Happening Art & Multimedia – Le Dôme • Beyrouth, Liban 2001 Objets – Espace SD • Beyrouth, Liban 2001 Les Artistes Libanais Dans Les Collections du Musée Sursock et du Ministère de la Culture au Liban – Musée Sursock• Beyrouth, Liban 2001 Dialogue des Cultures – Espace SD • Beyrouth, Liban 2001 Francophonie – Association d'Artistes Libanais - Rue Maarad • Beyrouth, Liban 2000 ARTUEL 2000 – (Artiste Spécialement Invitée) – Beyrouth Hall • Beyrouth, Liban 1999 Le Dispensaire – Croix Rouge • Aynjar, Liban 1999 50 Ans d'Artistes Arméniens au Liban – The Fabrika • Beyrouth, Liban 1998 Lutter Contre le SIDA – Centre Culturel Français • Beyrouth, Liban 1998 ARTUEL 1998 – Salon International d'Art Contemporain • Beyrouth, Liban 1998 Jeunesse Pour Un Seul Liban – Dar El Nadwa • Beyrouth, Liban 1996 HARVEST – Place des Martyrs • Beyrouth, Liban 1995 Salon du Printemps – Place des Martyrs • Beyrouth, Liban 1994 Jeune Génération d'Artistes Armeniens – A.G.B.U. Hall • Beyrouth, Liban 1994 – 2003 Participation Régulière Annuelle au Salon d’Automne du Musée Sursock • Beyrouth, Liban 1993 – 2000 Participations aux expositions collectives de jeunes comme “Artiste Inconnue” Bibliographie L'Art Contre l'Art– par Vagram Agassian dans le magazine culturel Karoun Numéro d'Octobre 1998 – Yerevan, Arménie Machines Esperantes– par Joe Tarrab dans le Catalogue d'Exposition d'Artsud Avril 2002 – Paris, France L’artiste Comme Medium– par Anita Toutikian dans Le Journal De L’Espace, No. 2 – Octobre 2002, Beyrouth, Liban Anita Toutikian : « Maison de vertu », peintures et installations Le meilleur Spectateur– par Joe Tarrab dans le quotidien L’orient Le Jour Novembre 15 2002, Beyrouth, Liban Anita Toutikian : Une Oeuvre Provocante et Une Femme Hors du Commun par Nadine Abou Zaki dans le Magazine Alhasnaa– Février 2003, Beyrouth Lebanese Art Exhibition Turns Heads In London– par Ali Jaafar dans "The Daily Star" Mars 11, 2004 – Beyrouth, Liban |
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Anita Toutikian Artiste - Peintre - Sculpteur - Essayiste |
| Presse Kit |
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| ...Non, je me contenterai de prendre place sur la chaise ailée d'Anita Toutikian qui m'emmènera loin de ce désolant dédale : si je ne m'abuse, c'est la seule œuvre «contemporaine» et la seule «insolite». |
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Joseph Tarrab,
Critique d'art Membre de l 'AICA (Association Internationale des critiques d'art) L'Orient Le Jour (quotidien) 18 Mars, 2002 Galerie Espace SD |
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MACHINES ESPÉRANTES Au sein de la nouvelle génération d'artistes libanais, Anita Toutikian, surgie tout armée sans crier gare, occupe une place à part. Dans un milieu artistique où peinture et sculpture demeurent les références maîtresses, elle a choisi de s'exprimer exclusivement par voie d'installations, machines métaphoriques autocontenues à haut degré d'ambiguïté allusive. Ce qui les transforme en générateurs herméneutiques. Presque toujours interactives, ces com-positions, qui combinent et télescopent concepts, images, textes, vidéos, peintures, sculptures, objets hétéroclites, sollicitent action, réaction et rétroaction du public pour fonctionner à plein rendement. Exploitées de diverses façons, ces nouvelles données sont le prétexte de nouveaux montages critiques touchés par la grâce d'une distanciation ironique des phénomènes socio-culturels. Quoique cette démarche puisse déconcerter de prime abord par sa complexité ou ses contradictions apparentes, elle n'est jamais gratuite, jamais dénuée de sens, encore qu'il faille le chercher par des voies détournées. Les machines d'Anita Toutikian ne sont pas des machines célibataires, bien qu'elles puissent en avoir parfois l'allure, mais des machines divorcées : divorcées de la suffisance et de l'autosatisfaction ambiantes, de la littéralité des normes, de la soumission à l'ordre établi, de l'évidence des truismes, de l'indifférence aux problèmes du monde et des hommes. Elles ne sont pas des défis au sens commun, mais des incitations à un surcroît d'intelligence, d'imagination, de cœur, d'ouverture, de dialogue, d'expression de soi. Machines divorcées et espérantes : c'est parce qu'elle ne désespère pas de ses semblables, ces machines désirantes grégaires, qu'Anita Toutikian s'adresse à eux dans un langage qui les oblige à mobiliser le meilleur de leurs ressources pour l'appréhender, l'inscrire dans leurs programmes désirants et tenter d'y répondre. |
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Joseph Tarrab
Critique d'art Membre de l'AICA (Association Internationale des critiques d'art) |
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Dialogue Ex Situ Le sommet de la Francophonie devait avoir lieu à Beyrouth en octobre 2001. Au cours de cette année, de nombreuses activités culturelles étaient prévues et ont été réalisées en partie sous le titre « Dialogue des Cultures ». Ce titre a été adopté pour englober toutes les activités culturelles prévues dans le cadre du sommet. Les malheureux événements du 11 septembre à New York gelèrent la majorité des projets prévus, et le sommet de la Francophonie a été finalement ajourné. Paradoxalement, ces événements tragiques qui ont gelé tout « Dialogue des Cultures » au Liban, ont réveillé et réchauffé des curiosités chez d'autres, qui ont senti le besoin de mieux connaître nos cultures réputées étrangères ; des cultures qui ne demandent que d'être comprises, de pouvoir s'exprimer et de se faire entendre, et qui sont déterminées plus que jamais à lancer ce dialogue. La « Culture des Dialogues sur le Dialogue des Cultures » est un témoignage, une délibération et une invitation à un dialogue interculturel sans frontières. Elle inverse les rôles traditionnels de l'œuvre, de l'artiste, du spectateur et de l'espace culturel. Le spectateur ainsi devient l'artiste, l'œuvre devient une tache d'encre qui incite et engage les gens de différentes cultures à effectivement renouer le dialogue, l'espace culturel devient un cerf-volant qui plane en plein ciel bleu et dont la queue s'allonge de plus en plus, et finalement l'artiste devient un simple témoin d'un Dialogue Ex Situ. Artiste Inconnue* Complexe Présenté à Artsud Paris 2002 Titre : Culture des Dialogues Sur Dialogue des Cultures Le « Complexe » Comprend :
Le « Complexe » est un amalgame de plusieurs œuvres en un. L'artiste Comme Médium Je, Artiste Inconnue*, vis dans un monde où tous parlent mais n'entendent pas, monologuent mais ne dialoguent pas, où l'art est tenu pour un bel élément de décor sans commun dénominateur avec la vie et ses événements, où l'artiste n'est pas censé aller au-delà des domaines de la "chair", de la "plante" et de la "pierre", où la "culture" est un concept distant perpendiculaire plutôt que parallèle aux expériences de la vie de tous les jours. J'essaie de créer un terrain commun où des gens différents avec des expériences différentes peuvent se rencontrer sous l'ombrelle de l'art pour voir, entendre, éprouver, communiquer, réagir, interagir, exprimer et surtout, surtout, pour être vus, entendus, compris et appréciés. De sorte que lorsque des étrangers se rencontrent interagissent dans un dialogue; les particules sont amplifiées en un tout et l'Art est accompli et partagé par tous comme une prière collective… On dit : « L'artiste n'a plus rien à dire ». Ce n'est pas vrai. L'artiste n'a jamais rien eu à dire de non-dit. L'artiste est un médium, un conducteur attentif ultra-sensible qui juxtapose des mondes dissemblables, des points de vue dissemblables, des idées dissemblables, des concepts dissemblables, des perceptions dissemblables, des sentiments dissemblables avec une syntaxe simplifiée et humanisée. Autrement, tout cela resterait insensé, ambigu et menaçant en raison des insuffisances des lois verbales et conceptuelles de la perception humaine. Il en a toujours été ainsi. Tout à fait comme jadis, quand l'artiste humanisait la terrible nature sur les parois des cavernes pour l'apporter aux hommes, ou quand il apportait les tout-puissants dieux du ciel et de l'enfer aux hommes, ou les grandes religions, les Etats, la science, la société et même « l'Art ». Alors peut-être le défi de tous les temps pour l'artiste demeure-t-il d'apporter les hommes aux hommes. Artiste Inconnue, 1999 *Anita Toutikian joue les artistes anonymes [inconnue] avec trois assemblages « non-conformistes ». Aline Gemayel, L'Orient Le Jour (quotidien) 26 Octobre 1996 Liban |
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Regard - Anita Toutikian : « Maison de vertu », peintures et installations Le meilleur spectateur L’installation de panneaux à fenêtres sur le front de mer de Mina réalisée conjointement cet été par Jacko Restikian et Anita Toutikian (cf. «Regard» du 2/9/2002) trouve deux prolongements totalement différents. Les panneaux de Restikian comportaient des rétroscopes: au lieu de voir la mer devant soi, on voyait la terre derrière soi. Au lieu de l’avenir, le passé. Peut-être était-ce une manière de récuser ce regard rétrospectif et de liquider définitivement les comptes avec le passé, puisque Restikian, se projetant prospectivement outre-Méditerranée, a décidé d’émigrer au Canada, à l’instar de Joseph Harb avant lui. Le Liban est en train de perdre ainsi certains de ses meilleurs artistes qui se heurtent à un environnement social, culturel, humain et à des conditions de vie et de travail insupportables, comme des milliers d’autres jeunes qui partent par dégoût du pire qui est et du pis qui pourrait être. Cuiller de papier Anita Toutikian, dont les panneaux ouvraient sur le large, l’ailleurs, l’aventure, se replie, elle, introspectivement sur sa vie dont elle récapitule les rêves, les aspirations, les illusions, les désillusions, dans une installation-autoportrait symbolique qui passe de la petite fille à l’épouse, à la femme au foyer, à la mère, à l’artiste, comme s’il lui fallait, à son tour, dresser un bilan avant de définir de nouvelles orientations. Un bilan qui comporte, au demeurant, une sorte de constat de faillite même s’il ne la concerne qu’indirectement à travers le destin de la nation arménienne. Le prélat qui représentait celle-ci à la conférence de Versailles après la Première Guerre mondiale n’avait pu, métaphoriquement, plonger qu’une «cuiller de papier» dans la «marmite de harissé» où les autres représentants plongeaient des «cuillers de fer», échouant, avec son autorité purement spirituelle, à obtenir l’unification de la terre arménienne. La petite installation ad hoc comporte, entre autres, une Bible apparemment en langue arménienne mais en réalité en langue turque transcrite en caractères arméniens, étant donné que l’usage de l’arménien fut prohibé durant 500 ans dans l’Empire ottoman, tout comme celui de la langue kurde l’a été jusqu’à une date récente (Europe oblige) dans la république d’Atatürk. Retour du troc Malgré les réminiscences et la sensibilité arméniennes de Toutikian, elle aussi est écorchée par la crise actuelle, comme le proclame, avec ironie, dérision et amertume, le panneau intitulé «Crise économique» qui comporte un tarif d’œuvres-types que l’artiste serait prête à exécuter à titre alimentaire. À côté, une caisse enregistreuse aux tiroirs pleins de sel marin au lieu de monnaie. L’argent se faisant rare, c’est en nature que se font désormais de plus en plus les transactions. Le troc revient en force. Une firme spécialisée proclame d’ailleurs sur panneaux publicitaires (qui prennent d’assaut les poteaux électriques sur les autoroutes, à croire que rien n’échappera à la publivoracité, peut-être même pas la chaussée) son bilan d’échanges: 100 millions de dollars américains – meubles contre huile végétale, ciment contre costumes sur mesure, computers contre savons… Conception interactive L’art d’Anita Toutikian (qui a recyclé ses panneaux de Mina, leur trouvant des usages novateurs) n’est donc pas aussi détaché de la réalité quotidienne que le laisseraient entendre les acryliques sur toile inspirées des panneaux à lucarne qui semblent relever d’un minimalisme chromo-géométrique abstrait sans rapport avec les vicissitudes du pays, malgré les illusions d’optique engendrées par les ambiguïtés du rapport figure-fond. Pour contrer cette impression, Anita, dans son œuvre paradoxalement la plus achevée, intitulée Fruit de la crise économique, une toile à fond blanc comportant huit panneaux tracés au crayon mine sur deux rangées de quatre, décide de ne pas peindre et de ne pas signer le tableau pour permettre au client «d’économiser en le peignant lui-même», le prix restant «à négocier». Cette manière de procéder tient à la conception interactive de l’art d’Anita Toutikian qui, depuis ses débuts, sollicite constamment les réactions et commentaires des spectateurs par divers moyens, livre d’or, bouts de papier, interviews filmées, discussions, etc., de manière à les impliquer dans un procès d’échanges, de troc si l’on veut, en les faisant participer en quelque sorte au mouvement créateur de l’œuvre. Jacques Chirac Lors de son avant-dernière installation portant sur la francophonie, elle avait, inversant le rapport usuel, décerné plusieurs prix du «meilleur spectateur», le grand prix revenant à …Jacques Chirac, un plaisantin ayant signé son commentaire du nom du président français. Elle songe, du reste, adresser à l’Élysée le trophée avec la photo et le nom du lauréat gravé sur une plaque de cuivre. Dans la présente exposition, sa première à titre individuel, elle invite les spectateurs à se substituer à elle pour expliquer à leur manière les intentions de l’artiste et les implications des œuvres devant une caméra plantée face à une sorte de grille de confessionnal aménagée dans l’un des panneaux. Là aussi, un prix sera décerné, dimanche 17 novembre à l’Espace SD, au meilleur spectateur, celui qui aura trouvé l’explication la plus originale, la plus ingénieuse, la plus profonde, la plus saugrenue ou la plus humoristique Une nouvelle génération Alors que dans le climat de crise actuel, des galeries d’âge vénérable déclarent forfait ou adoptent de nouvelles stratégies d’action non liées à un lieu fixe, l’Espace SD introduit une nouvelle génération de galeries polyvalentes travaillant sur plusieurs registres de création à la fois: œuvres d’art, objets design, meubles, livres, disques, films, journal mensuel, laboratoire d’expérimentations, salle de projection, cafétéria. Avec ses trois étages spacieux, l’Espace SD est désormais un lieu de rencontres et de découvertes où le public peut trouver, enfin réunis, les créateurs libanais dans toutes sortes de disciplines et de domaines. Cette formule novatrice et courageuse par les temps qui courent ou plutôt qui coulent mérite de réussir. Au grand public, et pas seulement aux jeunes plus ou moins branchés, de jouer. |
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Joseph TARRAB
L'Orient Le Jour 15 Novembre 2002 |
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Ecrit par Nadine Abou Zaki pour le Magasine Hasna' No. 1726 Février 2003 |
| Anita Toutikian : Une Oeuvre Provocante et Une Femme Hors du Commun |
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A la recherche du sens
AT signe « artiste inconnu » et écoute discrètement en souriant les commentaires du public sur son travail artistique. Pour elle, l'art était d'abord un jeu et elle n'était pas convaincue que ce qu'elle faisait était de l'art parce qu'elle n'exposait pas un objet à consommer. Sa foi dans la noblesse de l'art se brise lorsqu'elle visite le musée Sursock pour la première fois en 1992 et voit des toiles abstraites d'une apparente facilité. « Puisque c'est si facile d'être artiste, se dit-elle, je vais me présenter l'année prochaine au musée". Son tableau en aquarelle et fusain travaillé en 15 minutes fut accepté. Mais au lieu d'être heureuse de sa première participation à une exposition, Anita est déçue par la facilite d'être artiste. Elle refuse catégoriquement de vendre ce tableau apprécié par le public : « c'était un art facile comme les autres, pense Anita, et je n'étais pas sure de sa valeur ». Insatisfaite de ses 10 années d'études artistiques dans des petites académies durant la guerre, et de la fermeture que subit l'art au Liban pendant 20 ans, Anita décide d'essayer quelque chose de nouveau, un art expérimental plongé dans la recherche et ouvert à toutes les possibilités. Révoltée et par une sorte de défi, elle met paradoxalement tout ce qui la dégoûte dans une seule toile (collages avec des écritures, mixed media, aquarelle et fusain). Elle sépare les idées en les distribuant sur plusieurs tableaux, et crée ainsi une série d'œuvres non communes à l'expérience du public du temps mais sans avoir la moindre idée de ce qui ce passe a l'étranger. Elle présente ces œuvres au musée, non comme des œuvres d'arts mais comme des déclarations ou des communiqués, et les signe : « Artiste Inconnu ». Ironie du sort, et à son grand étonnement, son travail est accepté. C'est alors qu'elle prend les choses au sérieux. Cherchant une réponse réelle et personnelle sur l'essence de l'art et sa mission, elle s'engage dans le journalisme et interviewe les artistes. Pourquoi devient-on artistes, à qui s'adresse l'art, vise-t-il le commerce, etc., toutes ces questions inquiètent Anita jusqu'au plus profond de son être. Continuant à exposer au musée Sursock, Anita présente en 1995 des écritures, des mots, des phrases ou des histoires qu'elle invente sur des personnes importantes (Picasso, Duchamp, Magritte, etc.) qui sont idéalisées par les commerçants et les médias ; elle leur fait dire ce qu'elle pense pour exprimer ses sentiments, et non dans un but décoratif ou esthétique. Avec le temps, l'objet rentre dans son art. Au fur et à mesure des années, elle expose des oeuvres qui sortent de plus en plus du commun pour provoquer le spectateur, l'éveiller, le faire participer au travail, le pousser à voir ce qu'il y a derrière l'esthétique et chercher le message, ce qu'Anita dénomme « L'art Paravisuel ». En 97, elle reçoit une mention spéciale du musée Sursock. « Mais je me suis dit que cette mention m'a été décernée pour l'esthétique et non pour le sens qu'elle contient», explique Anita. Déçue, elle décide d'arrêter l'art et de présenter sa dernière œuvre : une installation interactive entre le public et l'artiste. A côté du travail qu'elle expose, Anita place une boite dans laquelle les gens peuvent laisser un mot. A sa surprise, la boite se remplit de 920 lettres. Anita expérimente l'interaction et se rend compte que qu'elle cherche dans l'art, c'est abolir l'obstacle entre le public et l'artiste car ils ne se rencontrent jamais ; seule la salle d'exposition les réunit. Allant contre les coutumes, elle commence donc à travailler sur l'interactivité et pour la première fois, le musée Sursock décerne un prix à une installation. « Maison de vertu » Pendant longtemps, Anita évitait d'exposer dans les galeries et était contre le principe du commerce. De plus, les libanais n'achètent pas d'installations, et beaucoup d'entre eux sont encore opposés à cette forme d'art. Ce n'est qu'en 2002 qu'elle organise sous son vrai nom, sa première exposition individuelle « Maison de vertu » à l'Espace SD. Six installations et trente toiles forment un même complexe et traitent du sujet de la femme à l'intérieur et à l'extérieur de la maison ainsi que de l'influence envahissante de l'occident et de la perte de notre identité. Ces installations sont placées par thème : crise religieuse, économique, politique, etc. L'installation sur la crise religieuse est un confessionnal où le spectateur s'assoit et prend la place de l'artiste pour parler lui-même de l'exposition devant une caméra. Désormais, le visiteur devient le véritable artiste de l'œuvre en le recréant perpétuellement et en lui donnant une multitude de sens et de possibilités. Durant l'exposition, Anita conçoit le « prix du meilleur visiteur », qu'elle donne pour la troisième fois. D'après les explications données par « l'artiste » devant la caméra du confessionnal, le public peut choisir le meilleur artiste, et lui donner un prix. Anita imagine une occasion, le « dévernissage », et qui clôture l'exposition, pour présenter la projection du film et choisir le meilleur artiste-visiteur. A cette idée d'Anita s'en ajoute une autre : un prix décerné au meilleur non-visiteur. Anita interroge et filme des gens dans la rue en leur demandant de dire ce qu'ils voient à travers une photo de son travail. De là elle constate que l'installation n'est comprise que par une élite et qu'il faudrait travailler pour le public au sens plus large. « A travers mon art, je peux rapprocher les gens les uns des autres. L'important, c'est que l'artiste donne un autoportrait de lui-même pour partager avec le public des expériences et des problèmes communs », pense Anita. Le film du meilleur non-visiteur est également projeté lors du dévernissage. Jacques Chirac : prix du meilleur visiteur 2002 Plusieurs moyens permettent d'apprécier un œuvre d'art, mais le moyen le plus solide de l'évaluer, c'est de voir quelle est la contribution de l'artiste à l'histoire de l'art international, ce qu'il ajoute à la pensée intellectuelle et esthétique contemporaine. L'histoire de l'art, c'est l'histoire successive des artistes qui ont refusé de se conformer aux désirs et aux aspirations des autorités politiques, économiques, religieuses et culturelles qui essayent de les diriger vers des fins qui servent leurs propres ambitions. Dans le tiers monde, il existe une autorité supplémentaire, invisible, celle de l'influence intimidante de l'occident qui paralyse indirectement notre pensée indépendante. « Maison de vertu » est une proclamation de libération de toutes ces autorités, et le prix du meilleur visiteur décerné au président français Jacques Chirac en est le couronnement. L'exposition « Maison de vertu » est une simulation ou re-création d'un petit Liban en 2002 où le visiteur est honoré par un prix. Puisque le président Chirac a visité le Liban à l'occasion de la francophonie, lui aussi a fait inévitablement partie de ce Mini-Liban représenté par Anita. Elle a donc choisi de lui donner ce prix de meilleur visiteur parce qu'il a été véritablement le meilleur visiteur. « Ce geste n'est pas un simple geste d'honorer ou de glorifier un grand personnage, dit Anita, c'est aussi un geste de revendication. Comme ça, je renverse la plus irréversible des lois qui gouverne de part et d'autre le monde de l'art : Qui honore qui ? Nous les gens du tiers monde avons toujours l'ambition d'être comme les occidentaux. Cela a toujours été un «Monologue des cultures » clandestin en attendant qu'il nous acceptent et nous apprécient en nous envoyant des « Bravo ». On veut que notre prix soit décerné par l'extérieur, qu'on nous dise bravo de l'extérieur alors que tous les bravos du monde ne changeraient rien dans notre réalité ». Ainsi, le Prix conçu par une artiste du tiers monde pour un tel grand dirigeant de l'occident bouleverse deux lois importantes, celle de la hiérarchie politique du monde et celle de la hiérarchie culturelle entre les protagonistes. « J'ai l'ambition de donner moi-même le prix à Jacques Chirac, pas seulement pour des raisons artistiques, mais parce que je pense que c'est l'œuvre qui réconcilie l'art de l'occident avec l'art du tiers monde ; c'est une invitation à un vrai dialogue des cultures avec des deux parties égales » ajoute Anita. Conclusion Après cette exposition, Anita poursuivra-t-elle dans cette voie ? Elle n'en sait rien et remet tout en question, comme elle l'a toujours fait. Mais la bonne étoile la guide dans son aventure artistique. Alors qu'elle perdait espoir de nouveau, elle est surprise de sa première vente au premier jour de l'exposition : une pièce d'art contemporain qui est une partie d'une installation : « Crise économique ». C'est une toile quasi blanche avec une phrase placée à côté : « Pour des raisons économiques, j'ai décidé de ne pas peindre ce tableau et de ne pas le signer. Ainsi, le client éventuel économise en le peignant lui-même et peut, s'il le désir, assortir le tableau avec les couleurs de son intérieur ». « A chaque fois que je perds espoir, quelqu'un me met les roues en marche, dit Anita. Mais il y a quelque chose de différent maintenant : pour la première fois je me sens totalement libérée, l'angoisse d'être interprétée comme « esthéticienne » ou « décoratrice » ou simplement « exhibitionniste » m'a quittée pour toujours, parce que j'ai réalisé un rêve essentiel : créer une œuvre sans précédant (comme un prix de meilleur visiteur) et apporter une contribution importante dans l'histoire de l'art international, mais surtout, j'ai prouvé que l'artiste du tiers monde a lui aussi son mot à dire en prouvant qu'il a l'identité inventive d'une pensée indépendante ». Nadine Abou Zaki |